"La maison d'Alanic"

Billets d'humeur d'une quinqua lambda qui veut vous faire partager ses coups de coeur, ses coups de gueule, ses passions, sa vie...

19 octobre 2006

Poème

montagne
Photo empruntée sur le Net.

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Ce matin j'ai envie de retranscrire un poème de Jelaluddin Rumi que j'aime beaucoup.
C'est un poète mystique Soufi (1207-1273).

Ce texte m'a été offert par une amie, lectrice de blog ... sans blog !

Il me fait penser aux écritures bouddhistes.

Pour moi, il décrit bien notre condition d'être humain : alternance de joie et de peine... Ainsi va la vie !

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ciel terre

Ce fait d'être humain est une auberge.
Chaque matin, du nouveau :
Une joie, une déprime, une rancoeur ou une prise de conscience momentanée
surviennent tel un visiteur inattendu.
Accueille et reçois les tous,
même si c'est une troupe de chagrins qui vident violemment ta maison de tout son ameublement.
Traite honorablement, pourtant, chacun de tes hôtes.
Il se pourrait qu'ils fassent place à quelque nouvelle joie.
La sombre pensée, la honte, la malice, ouvre leur ta porte en riant, et invite-les à entrer.
Sois reconnaissant à tous ceux qui viennent.
Car chacun t'a été envoyé comme un guide de l'au-delà.


Jelaluddin Rumi

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17 août 2006

Les lapins ...

daudet1

Lettre de mon moulin

Ce sont les lapins qui ont été étonnés !... Depuis si longtemps qu'ils voyaient la porte du moulin fermée, les murs et la plate-forme envahis par les herbes, ils avaient fini par croire que la race des meuniers était éteinte, et, trouvant la place bonne, ils en avaient fait quelque chose comme un quartier général, un centre d'opérations stratégiques : le moulin de Jemmapes des lapins...

La nuit de mon arrivée, il y en avait bien, sans mentir, une vingtaine assis en rond sur la plate-forme, en train de se chauffer les pattes à un rayon de lune ... Le temps d'entrouvrir une lucarne, frrt ! 
voilà le bivouac en déroute, et tous ces petits derrières blancs qui détalent, la queue en l'air, dans le fourré.
J'espère bien qu'ils reviendront.

Quelqu'un de très étonné aussi, en me voyant, c'est le locataire du premier, un vieux hibou sinistre, à la tête de penseur, qui habite le moulin depuis vingt ans. Je l'ai trouvé dans la chambre du haut, immobile et droit sur l'arbre de couche, au milieu des plâtras et des tuiles tombées.
Il m'a regardé un moment avec son oeil rond ; puis, tout effaré de ne pas me reconnaître, il s'est mis à faire :
"hou ! hou !" et à secouer péniblement ses ailes grises de poussière ! -ces diables de penseurs ! ça ne se brosse jamais ...

N'importe ! tel qu'il est, avec ses yeux clignotants et sa mine renfrognée, ce locataire silencieux me plaît encore mieux qu'un autre, et je me suis empressé de lui renouveler son baïl. Il garde, comme dans le passé, tout le haut du moulin avec une entrée par le toit ; moi je me réserve la pièce du bas, une petite pièce blanchie à la chaud, basse et voutée comme un réfectoir de couvent.

C'est de là que je vous écris, ma porte grande ouverte au bon soleil.

Alphonse Daudet : les lettres de mon moulin.

daudet

Encore un texte dont je me souviens presque entièrement par coeur : c'est fou la facilité avec laquelle on retient ce qu'on aime !

Posté par Nicky49 à 09:07 - Conte et rêverie - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 juin 2006

La forêt de Brocéliande à Paimpont

    for_t_de_paimpont

Si , pour aller en vacances, vous prenez la route Rennes-Lorient, n'hésitez pas à vous arrêter à la hauteur de Ploërmel,  pour découvrir une de nos plus belles forêts de légende Arthurienne.
Le roi Merlin, la Fée Vivianne y ont vécu des amours tumultueuses.
La nuit ont y rencontre encore fées et lutins...je les ai vus, une nuit de pleine lune, lors d'une mémorable rando.
Arrêtez-vous, enfilez vos chaussures de marche ou autres baskets, et partez découvrir ce lieu de légende, sans oublier de vous munir de la carte des sentiers vous indiquant les sites à VOIR...

Vous ne pouvez être déçus !

a_bient_t

Posté par Nicky49 à 17:26 - Conte et rêverie - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 mai 2006

La porte bleue...

porte_bleue---Claire  se promène au hasard. Depuis ce matin, le ressort "envie" est coupé .

Après une matinée passée à s'occuper l'esprit coûte que coûte, elle a pris son vélo et a décidé de rouler au hasard.
Et c'est dur de pédaler vers le hasard...lorsque ça fait bientôt un an qu'on n'est pas remonté sur le vélo bleu. Oui, le vélo est bleu, elle y tenait !, et non, on ne dit pas vélo mais bicyclette. Faire du vélo et faire de la bicyclette sont deux choses totalement différentes. Elle ne va pas avoir la prétention de faire du vélo. D'abord, ça ne l'intéresse pas. Elle veut aller comme ça, où le vent la pousse...Et question vent, on est servi aujourd'hui.

                                        arbre2                       nuage

Tiens, en ce penchant, elle voit tous ces petits tags sur son vélo : les "tags du coeur". Cette bicyclette lui a été offerte pour son anniversaire et tout le monde s'était cotisé. Claire avait tenu à ce que chacun des "participants" signent son nom sur son vélo avec un feutre indélébile, pour le souvenir...Curieux comme ces signatures révèlent le caractère de chacun : cachées, petites, peut-être avec le soucis de ne pas abîmer le beau vélo neuf, de ne pas salir... ou toutes grandes, bien voyantes, pour qu'on se souvienne "bien". La  "Grenouille à pattes" avait utilisé la totalité du garde-boue avant : on ne voyait qu'elle!!...souvenirs... sourires....tout "Grenouille", ça !!

Claire roule sur des branches cassées, des feuilles qui, a cause de ce vent, n'auront pas eu la chance de vivre leur vie de feuilles : c'était leur destin de feuilles !.
Elle a le vent dans le dos, l'air sent divinement bon après toute cette pluie. Elle est libre, elle pédale : ne pas penser qu'au retour elle l'aura face à elle, ce vent. Tiens, souvenir : cette fameuse "corde à tourner le vent" que le chef de chantier réclamait au apprentis maçons, généralement le jour de leur embauche.

- "Hé ! petit, va m' chercher la corde à tourner l' vent, va voir cher Robert, c'est lui qui l'a !"...

Ce bizutage était connu. Robert jouait le jeu, jurant l'avoir prètée à Marcel le matin même, et ce sacré Marcel ne l'avait pas rendue... Le "jeune" fonçait chez Marcel en paniquant : que va dire le patron, surtout ne pas lui déplaire, ne pas faire d'erreurs dès le premier jour, si non que vont dire les parents ? Parce qu'ils le sauront les parents et, à cette époque on les craignait, les parents. Il faut dire que beaucoup d'apprentis n'étaient pas doués pour la réflexion, si non ils n'auraient pas été là !...Mais je parle du temps de mon enfance, et ça commence à être loin tout ça !.

- " Allez !! Fais pas ta mémée !...Tu as encore ta mère, donc t'es encore une enfant ! et zut et rezut !!!".

Par contre, il en est resté le fait que les travaux manuels sont réservés, dans les mentalités,  aux intellectuellement peu doués. Nous sommes tout de même passés par une période où les apprentis étaient plus malins et plus instruits que les patrons. Et c'est ainsi que la société évolue.

Tous ces souvenirs qui se déroulent sur l'écran de son esprit, l'ont emmenée, là, devant cette porte bleue.

Comme elle voudrait voir ce qu'il y a derrière cette porte !. Elle est peinte, donc, quelqu'un entretient l'endroit. Le lière qui s'enroule de chaque coté donne au lieu un coté nature-organisé. Un très haut mur d'environ deux mètres cinquante, entoure la propriété : aucune possibilité d'entrevoir quoique ce soit sans pousser cette porte. Elle est peut-être fermée à clé...j'ouvre ? ... j'ouvre pas ? ... Et s'il y a un chien, et  si...et si...zut, je pousse...ça s'ouvre !!!.

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Oh! mazette ! ! ! ...Une allée de sable, au milieu de laquelle poussent ça et là quelques petites touffes d'herbes, conduit à une vieille maison basse joliment restaurée, aux murs blanchis et percés de fenêtres aux volets bleus. La porte pleine, à deux battants, est peinte du même bleu que les autres menuiseries. Deux énormes massifs d'hortensias encâdrent l'entrée avec, dans un angle à gauche, un gros bouquet de roses trémières. La courette est bordée d'une haie champètre, refuge des oiseaux. Ce qui voudrait s'appeler pelouse est fort bien entretenu. Des géraniums émergent de belles potiches en terre...Sous un arbre, on a posé un banc en bois qui a dû être mille fois repeint. Un énorme tronc d'arbre, coupé à trente centimètres du sol, complète ce coin repos.

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Manifestement, quelqu'un  s'est construit ici, son rêve de "maison-de-pêcheur-du-bord-de-mer"...C'est délicieux, reposant et surprenant, à cet endroit, à trois cents kilomètres de la mer. Mais qu'elle sympathique idée !!!

Perdus dans sa contemplation, Claire n'a pas entendu venir le propriétaire du lieu qui lui demande, un peu brutalement :
- Je peux vous être utile, madame,  vous cherchez quelqu'un ?
Prise de court, Claire répond spontanément :
- oui, je cherche moi, je me cherche...je me cherche, moi, dit-elle en se frappant la poitrine de son index...

Et elle s'enfuit, sans refermer la porte, mais en éclatant de rire silencieusement. En voilà un qui va avoir quelque chose à raconter en rentrant chez lui...

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Posté par Nicky49 à 18:08 - Conte et rêverie - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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